Après un premier tournant majeur au 1er mai 2026 avec l’élargissement du périmètre de la RE2020, une nouvelle vague d’ajustements entre en vigueur au 1er juillet 2026. Ils corrigent certaines rigidités de la réglementation en conciliant l’ambition environnementale, la qualité d’usage et la faisabilité technique des projets.
Pourquoi une évolution de la RE2020 en 2026 ?
Depuis son entrée en vigueur en 2022, la RE2020 vise à réduire l’empreinte carbone des bâtiments, améliorer leur performance énergétique et garantir le confort d’été. Les ajustements de juillet 2026 s’inscrivent dans une logique d’amélioration continue pour mieux s’adapter aux réalités du terrain.
En 2025, la ministre du logement Valérie Létard missionne Robin Rivaton pour la réalisation d’un audit de la RE2020. Les recommandations de ce rapport ont été prises en compte par l’administration qui a modifié plusieurs exigences de la RE2020. Le décret n°2026-200 et l’arrêté du 18 mars 2026 ont été publiés au journal officiel le 20 mars 2026.
Les objectifs principaux sont les suivants :
- Limiter l’inflation du coût de construction lié à la RE2020, tout en maintenant les objectifs de décarbonation et réduction des consommations d’énergie.
- Ne pas freiner la reprise du secteur de la construction.
- Ne pas pénaliser le confort de l’occupant. Les balcons, loggias, terrasses, hauteurs sous plafond élevées sont moins pénalisées.
- Simplifier les surélévations pour inciter à la densification urbaine.
Ce qui change au 1er juillet 2026
Ces nouvelles dispositions s’appliqueront aux demandes de permis de construire déposées à partir du 1er juillet 2026.
Hauteurs sous plafond
Pour améliorer le confort de l’occupant, les hauteurs sous plafond élevées sont moins pénalisées (plafonnement à 2,9 m de hauteur sous plafond moyenne). Une modulation liée à la hauteur sous plafond s’applique sur le Bbio, Cep, Cep nr et Ic énergie. Les coefficients MbHSP et McHSP viennent affiner les calculs du Bbio et du Cep.
Espaces extérieurs
Une modulation carbone est introduite et s’applique lorsque les espaces extérieurs (balcons, loggias, terrasses) dépassent 10 % de la surface habitable du bâtiment (avec un plafonnement à 25 %). Cette évolution vise à limiter la pénalisation de ces éléments architecturaux dans le calcul carbone. En logements collectifs, les balcons, loggias et terrasses en épannelage sont désormais clairement définis comme surfaces d’agrément. Sont exclues les toitures terrasses, les coursives et les terrasses rez-de-chaussée/jardin.
Un cadre assoupli pour les surélévations (hors maison individuelle)
Le décret et l’arrêté prévoient un régime simplifié pour les surélévations :
- d’une surface inférieure à 150 m² ;
- ou représentant moins de 30 % de la surface du bâtiment existant.
Le simple respect du Bbio, du Ic construction et du DH est à prévoir pour ces surélévations.
Climatisation et réseaux de chaleur
Les bâtiments raccordés à un réseau de chaleur urbain pourront plus facilement mettre en place un système de climatisation (si le réseau de chaleur le propose). Application d’un bonus sur l’indicateur Ic construction max de +25 kgCO₂/m².
Immeubles de grande hauteur (IGH)
Le seuil carbone Ic construction est assoupli. En 2028, le seuil carbone sera fixé à 95 % de la valeur du palier 2025. En 2031, il correspondra à 95 % de la valeur appliquée en 2028. L’objectif est d’adapter la RE2020 aux contraintes spécifiques des immeubles de grande hauteur (IGH) sur les sujets de sécurité incendie, structure, etc.
Ce qu’il faut retenir
- Une réglementation plus souple.
- De nouvelles règles à intégrer.
- Un impact direct sur les projets.
La RE2020 devient plus adaptable sans perdre son exigence environnementale.